Publié le 21 mai 2026 · Temps de lecture 9 minutes · Créé par Thibault Jeanpierre
En DPE 2026, les règles applicables aux passoires thermiques continuent de se durcir. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au DPE ne peut plus être mis en location en France. Cette mesure issue de la loi Climat & Résilience du 22 août 2021 s'étendra aux logements F en 2028 et E en 2034. Pour les bailleurs, c'est l'une des transformations les plus structurantes du marché locatif depuis la loi ALUR. Cet article reprend le calendrier officiel, les obligations actualisées en 2026 (notamment le QR code ADEME), les sanctions applicables, et l'interdiction de révision du loyer qui touche déjà 1,8 million de logements selon les estimations gouvernementales.
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement. Il classe le bien sur une échelle A à G :
Le DPE est obligatoire pour toute mise en location ou en vente (sauf bâtiments classés monuments historiques et logements de moins de 50 m²). Il est opposable depuis le 1er juillet 2021 : un locataire peut engager la responsabilité du bailleur si les performances réelles ne correspondent pas à celles annoncées.
La loi Climat & Résilience du 22 août 2021 a introduit un calendrier d'interdiction progressive de mise en location :
| Date | Logements concernés | Mesure |
|---|---|---|
| 1er janvier 2025 | Classe G | Interdiction de nouvelle mise en location |
| 1er janvier 2028 | Classe F | Idem |
| 1er janvier 2034 | Classe E | Idem |
L'interdiction concerne les nouvelles mises en location (signature d'un nouveau bail) et les renouvellements. Les baux en cours au moment de la date butoir ne sont pas résiliés automatiquement — le locataire peut rester jusqu'à la fin de son bail.
En revanche, à l'expiration du bail, le bailleur ne peut pas renouveler ni relouer le bien tant que la classe énergétique n'est pas améliorée.
Les DOM-TOM bénéficient d'un calendrier différé :
La notion de logement décent intègre désormais un critère énergétique. Depuis le 1er janvier 2023, un logement avec une consommation supérieure à 450 kWh/m²/an d'énergie finale n'est plus considéré comme décent.
Conséquences pour le bailleur :
L'interdiction de location évolue ensuite par étape : G depuis le 1er janvier 2025, F à partir de 2028, E à partir de 2034.
Un DPE est valable 10 ans. Toutefois, par dérogation :
Si votre DPE date de cette période, vous devez en faire réaliser un nouveau avant toute mise en location.
À partir de 2026, les diagnostiqueurs doivent inclure un QR code de vérification sur le DPE, renvoyant vers le site de l'ADEME. Ce mécanisme permet au locataire (et à tout tiers) de vérifier que le DPE est bien enregistré dans la base officielle, contre la fraude.
Seul un diagnostiqueur certifié peut émettre un DPE valide. La liste des diagnostiqueurs certifiés est consultable sur le site du ministère de la Transition écologique.
Coût indicatif : variable selon la surface et la localisation (consultez les diagnostiqueurs locaux pour obtenir un devis).
Au-delà de l'interdiction de mise en location à venir, une mesure s'applique dès aujourd'hui : l'interdiction de réviser le loyer d'un logement classé F ou G.
Pour les baux signés depuis :
la révision IRL annuelle est strictement interdite tant que le logement reste classé F ou G. Le bailleur ne peut donc plus appliquer la formule légale (voir notre article Réviser un loyer en 2026 avec l'IRL) tant que la classe énergétique n'a pas été améliorée.
Cette mesure touche un nombre significatif de logements en France et représente une perte sèche pour les bailleurs concernés, jusqu'à la réalisation de travaux d'amélioration énergétique.
Les sanctions sont à la fois civiles et administratives :
Selon les dispositions sur les diagnostics immobiliers :
Ces sanctions s'appliquent notamment en cas de DPE absent, falsifié ou réalisé par un diagnostiqueur non certifié.
Si votre bien est classé F ou G, plusieurs leviers concrets :
Plusieurs dispositifs existent pour financer les travaux :
Les travaux de rénovation énergétique sont entièrement déductibles des revenus fonciers au régime réel (voir notre article Déclaration des revenus fonciers 2026). Pour les déficits issus de travaux permettant de sortir d'une classe F ou G, un plafond doublé à 21 400 € a été instauré pour les dépenses payées entre 2023 et 2025 — vérifiez le statut au 1er janvier 2026 sur impots.gouv.fr car les dispositifs annuels évoluent par loi de finances.
Mon locataire actuel peut-il rester si mon bien est classé G ? Oui. L'interdiction concerne les nouvelles mises en location et les renouvellements. Les baux en cours ne sont pas résiliés automatiquement, mais vous ne pourrez ni renouveler ni reloger une fois le bail terminé.
Mon DPE date de 2019, est-il encore valable ? Non. Les DPE émis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont expiré au 1er janvier 2025. Un nouveau DPE est nécessaire pour toute mise en location.
Puis-je vendre mon bien classé G plutôt que de faire des travaux ? Oui, la vente n'est pas interdite. Mais l'acquéreur sera soumis à l'interdiction de location (sauf travaux), ce qui pèse à la baisse sur la valeur du bien.
Bloopi suit-il le DPE de mes biens ? Oui. Bloopi permet d'avoir des diagnostics rattachés au bien (DPE, ERP, amiante, plomb, gaz, électricité) et de suivre leurs dates de validité. Le plan Starter gratuit couvre 1 bien.
Cet article a vocation informative et ne remplace pas un conseil professionnel. Les dispositifs d'aide et les seuils fiscaux évoluent annuellement (lois de finances). Pour un dossier travaux concret, consultez un conseiller France Rénov' (service public gratuit) ou un expert-comptable pour l'arbitrage fiscal.